Quatre filles et un garçon

Chaque semaine, vous en saurez plus sur Max, Lucie, Marie, Magali et Nathalie. Vous allez les suivre dans une expérience incroyable, sur leurs lieux de travail, dans leur petit chez eux et... au fond de leur lit ! Bonne lecture à tous

mardi 15 novembre

Nathalie 1 - 3bis

N’ose plus sortir de mon bureau de peur d’avoir à prouver que je suis toujours gay. D’ailleurs, comment le prouverais-je ? Vais pas rouler des pelles à tous les mecs de la boite ?

***

Même ma mère doute de moi depuis que Nathalie est à la maison.

-         Nathalie, c’est ta copine avec les gros seins ?

-         Maman…

-         Non, mais au  moins, c’est une vraie femme. Je suis ravie. Je savais que tu t’y mettrais un jour.

-         Que je mettrais à quoi ?

-         Aux femmes, chéri.

-         Maman, ça n’a rien à voir. C’est une sorte de jeu !

-         Tssss.  Une femme ne s’installe pas chez un garçon juste pour rigoler.

-         Maman, ne fantasme pas. J’aime beaucoup Nathalie, mais je n’aime pas les femmes. Enfin pas comme tu le sous-entends.

-         Fais-moi confiance, mon chéri. L’appétit vient en mangeant.

***

Faux. Petit, je détestais les salsifis. J’en ai mangé une fois et je n’aime pas plus ça pour autant. CQFD.

***

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jeudi 17 novembre

Nathalie 2 - 1

-         Je suis drôlement content pour toi. Bienvenue au club.

François est notre chef de pub. Quarante cinq ans. Lubrique.

-         Heu, t’es content de quoi ?

-         Toi et Nathalie. Ch’ui drôlement content. Une chouette fille, en plus. Et une belle paire de loches ! Putain, les nichons.

Il est à poil, debout, s’essuyant le torse poilu, le bide qui pend.

-         J’ai toujours su que ces histoires de pédé à ton sujet, c’était des conneries. Moi aussi, j’ai été chef, je sais ce que c’est. Pour être chef, faut avoir des couilles. Une tarlouze, ça peut pas commander. Si y a pas de pédés dans l’armée, c’est pour une bonne raison. La poigne, c’est un truc de mecs. De vrais mecs.

Je ne peux pas lui mettre mon poing sur la gueule, il est trop costaud. Au pire, je pourrais lui péter ma raquette de squash sur le crâne.

-         Ma femme, je l’ai rencontrée au boulot. Mon premier jour comme vendeur de voiture. Elle était la secrétaire du directeur. A mes pieds qu’elle était. Je l’ai emballé en deux temps : Un, je lui lèche l’oreille - deux, j’y plonge la main dans la culotte. C’est pas une fille facile, ma Laurence. Mais quand on sait y faire, les femelles, elles tombent raides dingues. Elles le sentent que je suis une bête de sexe. Elles me tournent autour. J’pourrais m’en faire dix par semaine. Des petites, des grandes, des jeunes, des bourgeoises. J’aurais qu’à lever le petit doigt. Mais, ch’uis pas comme ça. On m’a élevé dans le respect de la famille. Et Laurence, c’est la mère de mes gosses. C’est pas que j’en ai pas envie. Mais j’peux pas la tromper ma Laurence, question de principe. C’est pour ça que j’vais aux putes.  A causes de mes principes.

J’en suis resté comme deux ronds de flan. N’ai vraiment pas envie d’être hétéro. Au secours, comment vais-je me tirer de cette histoire ?

***

Nathalie est folle furieuse. Elle n’arrive même pas à finir sa tranche de jambon. Moi, j’en suis à ma troisième Vache qui rit. Je sais, ça n’est pas très régime, mais mon aventure dans les douches du club de sport m’a complètement retourné.

-         Mais quel gros porc ! En même temps, c’est bien pour toi, ça change ton image !

-         Quelle image ?

-         Celle du pédé du service !

Merde ! Et moi qui pensais que tous ces abrutis n’en avaient rien à foutre. Je me suis planté. Quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise, il y a les étiquettes. Et tu as beau tout faire pour que ton étiquette sexuelle ne deviennent pas ton étiquette sociale, rien n’y fait. Dans un pli de la cervelle d’un abruti, tu ES la folle. 

-         Et moi qui croyait que tu assumais…

-         J’assume pleinement. Je n’ai jamais menti à propos de mon homosexualité. Alors je ne veux pas qu’on me mente en me faisant croire que c’est une chose entendue et acceptée.

-         Mais elle est acceptée.

-         Pas si elle est brandie comme une différence. Pire comme une façon de me définir..

-         Mais tu ES homo. C’est toi.

-         Non, c’est une partie de moi. Avant tout, je suis Max. Je suis un homme. Je suis Rédacteur en chef. Je suis Brun. Toi, tu n’es pas l’hétéro. Tu es Nathalie.

-         Non. Je suis la fille avec les gros seins...

Exact.

-         Et François, c’est le gros porc de la pub. Gloria, la garce du DG, etc., etc.,... Nous avons tous une étiquette accrochée dans le dos. C’est une sorte de repère pour ceux qui nous entourent.

Donc, je ne m’en sors pas si mal que ça. Finalement, je suis fier de ce que je suis alors que Francois-le-gros-porc, ça n’est pas si sûr !

***

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dimanche 27 novembre

Nathalie 3 - 1

10h00 – Toc, toc, toc.

Ce matin, on m’a réveillé en frappant à la porte. Nathalie n’était pas là. Partie faire des course au marché sans doute.

Re -  Toc, toc, toc.

Oui, ben, bon, voilà. J’ai enfilé un peignoir, ouvert la porte et derrière, il y avait la police. Oui, la vraie avec un uniforme. Et un autre type en civil. Ils sont venus pour parler à Nathalie. Enfin, je crois qu’ils sont surtout venus pour l’arrêter.

***

-         Vous connaissez Monsieur  François Lecouturier ?

-         Oui, il travaille dans la même boite que moi ? Il lui est arrivé quelque chose ?

-         On peut dire ça… a répondu le type en civil.

-         Vous connaissez Mademoiselle Nathalie Bailleur.

-         Oui, je la connais.

Mon cerveau était en ébullition. Quel rapport entre François-le-gros-porc-de-la-régie et Nathalie ? Quelque chose de sexuel ? Un truc genre Basic instinct ?

-         Vous savez où on peut la trouver ?

Que faire ? J’étais pris en étau entre mon éducation (aider la police à trouver un assassin, c’est un devoir civique, non ?) et mon amitié pour Nathalie qui était (Quelle horeur, j’en parle déjà au passé) ma super copine. Tant pis pour ma mère et aux chiottes l’éducation ! Je ne pouvais pas la livrer à la police la seule fille avec qui j’ai jamais couchée même si elle a planté un pic à glace dans le cœur de ce gros porc de François.

-         Alors ?

Le policier s’impatientait.

-         Je suppose qu’elle est chez elle.

Petit sourire du flic en uniforme.

-         Vous pensez bien qu’on a déjà été là-bas.

-         Ah ! ai-je répondu.

-         Donc ?

-         Donc, je ne sais pas où elle peut être.

Je cherchais où elle avait bien pu se cacher. Chez les filles ? Chez sa mère ? Je me suis souvenu qu’on adorait jouer à cache-cache au cimetière du père Lachaise. Peut-être avait-elle trouvé refuge dans une des petites chapelles abandonnées. Je me suis vu, à la nuit tombée, hanter les allées pour lui apporter du saucisson, du pain et des nouvelles des copines.

C’est à ce moment-là que le téléphone du flic a sonné.

-         Vous l’avez retrouvée ? Super, j’arrive. Gardez-la au frais.

Il a raccroché.

-         Merci de votre aide. Nous l’avons localisée.

Ils ont tourné les talons et sont partis. Moi, je me suis jeté sur le téléphone pour appeler les filles. Il fallait d’urgence trouver une solution au problème. Oui, mais à quel problème. Qu’avait-elle fait ? Quelle connerie ? Quel crime atroce ? Je vois tout en noir. Elle n’a pas forcément tué quelqu’un. Peut-être qu’il ne s’agit que d’un hold-up. Elle, avec un masque de Minnie et le gros Francois déguisé en Mickey. Non, ce n’est pas son genre ! Remarque qu’avec tout le blé qu’elle me doit, si elle s’est fait une banque, elle pourra me rembourser. Chouette !

***

Avant de penser à mon compte en banque, fallait régler le problème de Nath’. On s’est donné rendez-vous chez moi avec les filles.

-         Personne n’a pensé à apporter des croissants, a fait remarqué Lucie.

-         On n’est pas là pour un brunch, a grondé Magali.

-         Est-ce qu’elle t’a dit quelque chose qui pourrait nous mettre sur la piste ? m’a demandé Marie.

Moi, ce qui m’inquiétait, c’était le rapport entre Nathalie et le gros François. Mystère et boule de gomme !

-         Tout d’abord, il faut faire libérer Nathalie, a proposé Lucie. Les flics font toujours des boulettes et les assassins s’en sortent comme par magie grâce aux vices de procédures. Je suis sûre qu’on va trouver la faille.

Elle s’est concentrée. Ca se voyait aux petits plis sur son front.

-         J’ai trouvé !

Elle a eu l’air très contente d’elle.

- Je suis certaine qu’ils n’ont pas le droit d’arrêter les gens le dimanche. J’ai déjà entendu ça. Ca n’est pas légal.

On l’a regardée tous un peu désolé. Marie a foncé la première.

-         Tu penses vraiment que les flics vont laisser les malfrats tranquilles le dimanche pour faire une grâce matinée ou aller à la messe ? On n’est pas dans Julie Lescaut.

-         Enfin Nath’ n’est pas une meurtrière ? a soupiré Lucie.

-         ON N’EN SAIT RIEN. J’ai commencé à m’énerver. Le stress, sûrement. Peut-être a-t-elle planté un pic à glace dans le gros bide de François !

-         Arrêtons de délirer. Max, sais-tu où elle a été emmenée, m’a demandé Marie.

-         Oui !

Soulagement, enfin une bonne nouvelle.

-         Où ?

-         A la police !

-         Oui, mais où ?

-         Heu…

-         Bon, ça ne va pas nous aider.

-         J’ai un copain rugbyman, a dit Magali.

-         Ce n’est pas le moment de nous faire des révélations sur ta vie sentimentale.

-         Il est policier. Je peux lui passer un coup de fil.

***

Le pote de Magali a promis de faire sa petite enquête à condition qu’elle accepte de passer la soirée avec lui. Mag’ n’a pas eu l’air de se sacrifier. ‘ faudra éclaircir cette histoire au plus vite. Pour l’instant l’urgence, c’est de savoir A/ Où est passé Nathalie. B/ Ce qu’elle a bien pu faire pour se retrouver au poste. C / Ce qu’il va se passer demain au boulot. Fatalement, les autres vont me poser des questions. Et je ne sais rien !

***

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vendredi 02 décembre

Nathalie 4 - 4

-         Je n’arrive pas à croire que tu aies osé faire ça !

Nathalie est folle de rage parce que j’ai couché avec SON policier.

-         Oui, parfaitement, MON policier. Excuse-moi, mais je l’ai vu la première.

-         Mais, je n’y suis pour rien. C’est lui qui m’a dragué.

-         Arrête avec ton petit couplet de victime. Personne ne t’a forcé. Il ne t’a pas collé son pistolet sur la tempe.

-         Non. Par contre, moi, je lui ai passé les menottes !

Le plan « menottes » n’a pas l’air de faire de l’effet à ma coloc’. Finalement, elle ne regrette rien.

-         Désolée, mais je ne me vois pas attaché mon mec au lit. Je ne comprends pas ce qu’il y a d’excitant dans cette... pratique !

-         C’est parce que tu es coincée !

-         Je ne suis pas coincée. Je suis normale, moi.

-         Et moi, non ?

-         Parce que tu trouves ça de normal de baiser avec quelqu’un qu’on a menotté.

-         Tu n’as jamais envie de faire l’amour autrement qu’allongée bêtement, les jambes écartées, à te faire ramoner ?

-         D’abord, je ne suis pas allongée bêtement. Et puis, je ne me fais pas ramoner, monsieur. Et…

-         Et… ?

-         Et si, il m’arrive de faire des trucs extravagants !

-         Comme quoi ?

-         C’est privé !

-         Allez…

-         Heu,… la dernière fois, nous avons fait ça debout.

-         Waouuuuu. Quelle folie !

-         Debout, dans les toilettes du bureau.

-         Dans les toilettes du bureau ?

-         Oui, monsieur. Ha, ha. Tu vois que je peux faire des trucs épatants, moi aussi.

-         Je vois surtout que tu as couché avec quelqu’un de la boite… Qui ?

-         Ca ne te regarde pas.

-         Nathalie, tu n’en as pas assez dit.

-         Ou trop !

Je passe rapidement en revue le trombinoscope des mâles du journal. Et franchement, je n’en vois aucun de « baisable ».

-         QUI ?

-         Ca n’est pas quelqu’un de la boite ! Je ne connais même pas son prénom ?

-         Tu t’ss faite tringler dans les chiottes par un inconnu ?

-         Non, mais pas vraiment un inconnu. Je le connais un peu.

-         QUI c’est !

-         Le livreur de pizza.

-         Le grand maigre avec plein de boutons ? Celui qui a les dents de travers et qui postillonne dans sur ma chorizo – olives ?

-         Non, un nouveau. Un petit beur ! Un peu lascar !

-         Celui avec un jogging rouge et une casquette de travers ? Mais il a à peine 18 ans.

Nathalie prend un air offusqué.

-         Il en a 22 ! Et il m’a dit que j’étais « bonne ». C’est un compliment !

Cette fille m’étonnera toujours.

Respect.

***

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mercredi 07 décembre

Nathalie 5 - 2

Ouille ! C’est bientôt Noël et malgré ma bonne résolution numéro 18 du début d’année (Faire les achats de Noël dés le mois de septembre pour éviter la cohue de décembre), je n’ai aucun cadeau. Pire, je n’ai aucune idée. Pire du pire, je n’ai plus une thune. Vais donc appliquer la bonne résolution numéro 23 (Confier à ma sœur les achats de Noël et lui promettre de la rembourser dés que possible), ce qui nécessite le respect de la résolution numéro 48 (Ne plus jeter l’argent par les fenêtre et faire des économies en vue de Noël). Hélas, c’est un peu tard, vu que Noël, c’est dans deux semaines !

***

J’ai eu ma sœur au téléphone. Et encore une fois, je suis tombé au mauvais moment.

-         Je te dérange ?

-         Un peu. George et moi, nous étions,... enfin. Je ne suis toujours pas enceinte.  Tu vois, alors, on continue, quoi.

Je tombe toujours au mauvais moment parce qu’à chaque fois que je l’appelle, elle et son mari sont en train de forniquer.  Ils sont mariés depuis trois ans et essayent d’avoir un enfant depuis leur nuit de noce. Et ça ne marche pas ! Trois ans à baiser tous les jours pour avoir un gosse, ça tourne à l’acharnement thérapeutique ! En même temps, je ferais bien une petite cure, moi.

***

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dimanche 11 décembre

Nathalie 5 - 4

Pas de folie ce week-end. Ai fait le tour des magasins avec Nath’ dans l’espoir de trouver quelques cadeaux de Noël. Rien. Nous avons passé notre samedi soir et une bonne partie de la nuit à regarder des films. Nathalie a ressorti de ses cartons, la collection des Angélique. Michèle Mercier sublime en héroïne hyper sexy. Robert Hossein craquant en voyou des mers. On a fantasmé tous les deux comme des tordus devant le Rescator.

***

Dimanche : Après-midi « Bonnes résolutions pour la nouvelle année ».

-         Une seule : Trouver un mari ! a proposé Nathalie.

-         T’as de l’avance, maintenant que tu fais dans la pizza.

-         Rien à voir avec l’amour, c’est de la gourmandise.

-         Quel appétit !

-         Tu ne serais pas un peu jaloux ?

-         Je me demande si j’ai vraiment envie de rencontrer quelqu’un ?

-         Tu débloques ou quoi ? a hurlé Nath’.

-         Quand on y pense, il faut être taré pour « rencontrer quelqu’un ». C’est terriblement dangereux.

-         Dangereux, comment ça ?

-         Tu flashes sur un garçon très joli. Tu acceptes de passer la nuit avec lui Tu t’endors dans les bras du prince charmant, d’accord, mais qu’est-ce qui te dit que tu ne vas pas te réveiller à côté de Landru ?

-         Je n’y avais jamais pensé. C’est horrible, oui. Tu as raison. C’est terriblement dangereux.

-         Et le drame peut arrivé après des années. Tu vis le parfait amour et un jour tu te retrouves découpée en morceaux à tourner dans ton micros-ondes.

-         C’est vrai qu’on ne connaît jamais celui avec qui on vit. C’est atroce. Maintenant que j’y pense, je me dis que j’ai frôlé le massacre.

-         Tu n’as jamais vécu avec qui que ce soit !

-         Et qu’est-ce qu’on fait ensemble depuis un mois, hein ?

-         Mais enfin Nath’, je ne suis pas un psychopathe !

-         On ne connaît jamais vraiment ceux qu’on fréquente. Même après des années. C’est toi qui l’a dit.

***

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vendredi 23 décembre

Nathalie 6 - 2

Parfois, je rêve que ma vie est une comédie musicale peuplée de beaux garçons qui se trémoussent en permanence avec des fesses hyper musclées et moulées dans des pantalons très… moulant. Bien sûr, je suis le héros et moi aussi, je danse comme un dieu. Dès que je pose le pied par terre, c’est pour faire un petit pas chassé très gracieux. En plus d’être un merveilleux danseur, je chante à la perfection. J’arrive à faire rimer « la vie est belle » avec « passe-moi le sel » sans être ridicule. Ma vie ressemble à celle des demoiselles de Rochefort. Je suis Catherine Deneuve. Je suis Françoise Dorléac. Et surtout, je suis George Chakiris. Et comme Danielle Darrieux, ma mère s’est sacrifiée en « vendant toute sa vie des frites » :

-         Et pourquoi pas des merguez ?

C’est incroyable. A chaque fois que je pense à ma mère adorée, elle téléphone. Est-ce de la télépathie ? Ca y ressemble en tous cas. Hélas, je ne suis pas assez doué pour lire dans ses pensées et deviner la raison de ses appels. Sinon, je ne décrocherais pas.

-         As-tu trouvé mon cadeau de Noël ?

Oups ! J’ai totalement oublié A/ le cadeau. B/ de l’acheter.

-         Maman, pour qui me prends-tu ? Un fils indigne ?

-         Je veux juste être sûre que tu le trouveras ; j’y tiens beaucoup. Tu te souviens de la couleur ? C’est très important que tu trouves la bonne couleur.

-         Pfff, évidemment que je m’en souviens. Comment pourrais-je l’oubliée ?

-         La matière aussi est importante. Je ne veux pas d’un truc qui fasse pacotille. Ou m’as-tu-vu. Je veux que ça reste discret.

Un bijou. C’est clair, elle veut un bijou. Reste à savoir s’il s’agit d’une montre, d’une bague, d’un bracelet, d’un collier, d’une paire de boucles d’oreille. Oh, mon dieu, comment vais-je faire ?

-         Tu peux compter sur moi, je serais à la hauteur.

A moi de faire preuve de perspicacité. Je suis un grand journaliste. Je sais mener des interviews. Faire dire la vérité au gens. Leur tirer les vers du nez. Ma mère ne peut pas me résister.

-         Merveilleux, mon chéri. A demain, alors.

Mon Dieu. Noël, c’est demain. HELPPPPPPPPPPPP.

-         Maman ? Maman ?

Elle a raccroché. Je ne sais pas ce qu’elle veut.

C’est horrible. Vais arriver le soir du réveillon de Noël avec un cadeau que ma mère détestera. Elle va me haïr. Me bannir de sa vie. Elle ne m’appellera plus jamais au téléphone. Bonne nouvelle finalement, vais avoir la paix.

Quelle horreur de penser ça de sa mère. Oui, mais tout de même, qu’est-ce que je vais être tranquille !

***

Vais appeler ma sœur. Elle doit sûrement savoir quel cadeau horrible et introuvable en moins de 24 heures ma mère a décidé de me forcer à lui offrir.

***

Un dessus de lit en pilou-pilou jaune ! Comment ai-je pu oublié un cadeau aussi monstrueux ? Et comment vais-je trouver cette horreur d’ici à demain soir ?

***

C’est décidé. Je ne vais pas passer le réveillon avec ma mère. Je vais me jeter dans la Seine. Quelqu’un me verra me noyer et me secourra. On me mettra à l’hôpital. J’aurai une bonne excuse pour avoir louper Noël. Ma mère sera tellement bouleversée qu’elle me pardonnera de ne pas avoir trouver le dessus de lit cauchemardesque. Parfait. Sauf si personne ne me voit me débattre dans les eaux froides de la Seine. Je ne veux pas mourir noyé le soir de Noël. Ni le lendemain d’ailleurs. Ni un autre jour. Vais chercher ce satané dessus de lit jaune. Et merde !

Le problème, c’est que j’ai vraiment beaucoup de travail. Je vais devoir déléguer. Quand on est chef, c’est une qualité primordiale.

***

Parfait, Carine (notre super secrétaire, un peu cruche mais terriblement serviable) est ravie de la mission que je viens de lui confier.

Elle a eu un peu l’air surprise que je lui demande de m’acheter un dessus de lit en pilou-pilou jaune. Mais je lui ai redit toute la confiance que j’ai en elle et que j’espérais qu’elle saurait en être digne.

Il faut savoir rappeler à ses collaborateurs combien leur aide est précieuse et combien sans eux, vous ne seriez rien (et combien sans vous, ils ne seraient pas grand-chose non plus !)

***

Vais pouvoir travailler sereinement. Ma mère aura son atroce cadeau de Noël. Je ne serais pas un fils indigne. A la condition que Carine trouve ce dessus de lit de m…

Restons zen !

***

J’ai dit : « Restons zen ». Mais avec Martine en face de moi qui me déblatère des conneries grosses comme sa paire de fesses, ça n’est pas facile-facile.

-         Je me disais que nous pourrions appeler cette nouvelle rubrique : « Martine vous écoute ». Ou « les bons conseils de Martine ». Ou « Martine, une amie qui vous veut du bien ». J’aime beaucoup ce titre. Et vous ?

Pfff, ça fait trois heures que Carine est partie à la chasse au pilou-pilou et toujours pas de nouvelles.

-         Je disais, et vous ?

-         Moi aussi. Oui, Oui. Très bien.

-         Parfait.

Je la vois qui se lève.

-         C’est fini ? lui demandè-je.

-         Vous vouliez me dire autre chose ?

-         Non, c’est très bien. Merci. Merci.

Martine quitte le bureau pour de vrai.

Carine me fait des grands signes derrière la porte vitrée. Elle a l’air très contente d’elle.

***

Mon Dieu, quelle horreur ! Carine a trouvé le dessus de lit dont ma mère rêve pour Noël, et c’est pire que je ne le pensais. Jamais je n’aurais pu acheter ça. Si quelqu’un m’avait vu dans une boutique en train de choisir ce truc immonde, je crois que j’en serais mort de honte.

Je fais remballer LE truc par Carine en la remerciant très chaleureusement. En m’excusant de lui avoir confier une tâche aussi ingrate et sans doute pas facile à accomplir.

-         Mais pas du tout. Au contraire. D’ailleurs, je suis très heureuse parce que j’en ai pris un pour ma mère aussi. Elle va adorer.

Le dessus de lit en pilou-pilou jaune est donc un truc de mère. Il faut que j’envoie d’urgence un mail aux filles. Elles ne doivent pas faire d’enfant avant Noël sous peine de se voir offrir demain soir un dessus de lit en pilou-pilou jaune.

***

13h00 – Merde. Martine frappe à la porte de mon bureau. Elle a un manteau framboise avec un col en moumoutte blanche. On dirait un gâteau chimique comme on en trouve dans les supermarchés.

-         Maaaaxx ?

-         C’est moi !

-         Ha, ha, ha, ha.

Elle glousse. Ca sonne faux.

- Je me disais que peut-être nous pourrions déjeuner ensemble. Pour apprendre à mieux nous connaître. C’est important dans une équipe que tout le monde se connaisse. Et s’apprécie.

-         Bonne idée, Martine. La cohésion d’équipe, c’est important, vous avez raison. Je vais appeler Nathalie pour qu’elle se joigne à nous.

Je décroche mon téléphone. Martine se précipite dessus et raccroche.

-         Je pensais que nous pourrions déjeuner en tête à tête. Tous les deux.

Merde ! Pas envie. Je fais une crise de diabète rien qu’à regarder son manteau.

-         C’est moi qui vous invite, me lance-t-elle, les paupières papillonnantes.

Mais qu’est-ce qu’elle croit, cette conne ? Qu’elle va m’acheter avec un déjeuner ? En même temps, vu l’état de mon compte en banque, un déj’ gratos, c’est toujours ça de gagner.

***

Berk. Berk. Berk. Je crois que je devrais aller vomir. J’ai une indigestion de Martine.

Elle m’a précédé en quittant mon bureau. A traversé le plateau de la rédaction en marchant comme une reine, jetant de petits coups d’œil à droite et à gauche, histoire de vérifier que tout le monde la voyait partir déjeuner avec moi. Comme si j’étais son nouveau sac à main.

-         On va chez Tang ? lui ai-je proposé.

-         Profitons que Nathalie ne soit pas avec nous pour aller dans un endroit moins…, enfin, plus… classe !

Va pas falloir qu’elle me chauffe de trop.

-         Excusez-moi, Max. Je sais que Nathalie et vous êtes très proches. Vous habitez ensemble, m’a-t-on dit.

-         Habitions. Nathalie rentre chez elle ce soir.

-         Je suis désolée.

J’ai cru voir comme une drôle de lueur derrière ses cils sur-mascarisés.

***

Nous avons poussé la porte de chez Bernard’s, un restaurant hyper select où la moindre feuille de salade est à 70 euros.

L’hôtesse d’accueil a déroulé le tapis rouge, le maître d’hôtel moult courbettes, et les serveurs étaient aux petits soins.

-         Vous êtes chez vous ici ?

-         C’est la cantine de Jâââââcques. Alors, les gens m’apprécient.

Mais voui !

-         Je tenais absolument à vous dire combien que je suis ravie de faire partie de votre équipe. Elle me regarde bizarrement. J’adore la jeunesse ! Et pour tout dire, je vous apprécie beaucoup.

C’est à ce moment-là que j’ai failli m’étouffer avec une frite à 80 euros. Certes, c’est un endroit classe pour gens hyper friqués, mais on peut aussi y manger des frites. La différence avec un MacDo, c’est qu’ici, elles sont cuites dans de la graisse de cul de vieilles bourgeoises lyposucées, c’est pour ça qu’elles sont si chères.

J’ai la vague impression que ma crise identitaire n’est pas terminée. Encore une qui me prend pour un hétéro. Je fais quoi alors ? Je lui lance une truc du genre : « Martine, ma chérie, tu risques d’attendre un sacré bout de temps avant que je te saute. » Je vais faire plus soft.

-         Martine, je n’ai pas pour habitude de coucher au bureau.

Elle me sourit.

-         Pour qui me prenez-vous ? La secrétaire de mon mari ? J’ai un petit appartement dans le marais. A deux pas d’ici.

-         Merci, je sais où se trouve le Marais.

-         Vous ne devriez pas vous y promener tout seul. Mignon comme vous êtes, vous risquez de vous faire violer au détour d’un porche. Avec tout ces homosexuels !

Justement, j’aimerais bien que ça m’arrive !

-         Martine ?

-         C’est moi !

-         Ha, ha, très drôle. Je suis pédé !

-         Ha, ha, très drôle aussi.

-         Je suis sérieux. Demandez à Jacques.

Là, ç’a été à Martine d’avaler sa frite en or massif de travers. Elle s’est mise à gratouiller la nappe avec ses faux ongles. Ca faisait un petit bruit crispant.

-         Je peux compter sur votre discrétion ?

Je la tenais par les couilles. Enfin, plutôt par son collier de perles.

-         Rassurez-vous, Martine. Ca restera entre nous.

Elle a respiré un grand coup et s’est lancée dans un monologue insupportable sur ses actions dans diverses organisations caritatives. Et patati. Et patata.

***

Quand nous sommes rentrés au bureau, je marchais devant. Martine me suivait, penaude. Non, mais des fois ! C’est qui le sac à main maintenant ?!

***

20h30 – Nathalie est en retard à notre petit dîner.

20h45 – La voilà. Elle est habillée comme une star de cinéma. Elle fait semblant de ne pas me voir. Elle me cherche du regard. Putain, qu’elle est belle ! Tous les types du restaurant la regardent. Le patron s’approche d’elle. Ils échangent deux trois mots. Il indique ma table du regard. Elle avance en trottant rapidement, se jette à mon cou, m’embrasse sur la bouche.

-         J’avais envie de faire une entrée hollywoodienne. Ca t’a plu ?

-         Tous les mecs sont hyper jaloux de moi. C’est ça être hétéro ?

-         Non, ça c’est être marié à une bombe sexuelle !

-         Champagne ?

-         Champagne ! Tiens, j’ai un petit cadeau pour toi. Elle me tend un petite boite rouge.

Une montre. Magnifique. J’adore.

-         C’est mon cadeau de Noël ?

-         Non, de rupture. Je te rappelle que je te quitte ce soir. Il faut faire les choses bien.

Ca me fait un petit pincement au cœur. Quand même.

***

3h00 - Merde ! J’ai oublié le dessus de lit en pilou-pilou jaune au bureau. Je suis à moitié bourré. Nathalie est dans le même état. Dois retourner au journal ou ma mère va me tuer.

Quand Nathalie a vu le cadeau pour ma mère, elle a vomi dans le taxi.

***

Posté par xavier pichard à 02:22 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 01 janvier

Nathalie 7 - 7

La soirée « lapin rose » de Maggie a été un succès.

00h00 - J’ai fait la bise à mon voisin.

02h00 - J’étais complètement soûl.

04h00 -  Vincent, alias mon voisin de canapé, le gros lapin rose, m’a poussé dans un taxi.

14h00 – J’ai frôlé la crise cardiaque en ouvrant les yeux. J’étais allongé en pull angora rose à côté d’un énorme lapin. Rose, lui aussi.

14h02 – Je me suis souvenu du début de la soirée mais pas de la fin. Zût. Peut-être avons-nous fait des galipettes. Quel intérêt si on ne s’en rappelle plus ?

14h45 – Le gros lapin rose, qui a retrouvé une allure humaine, m’a laissé son numéro de téléphone. Chouette !

***

Vincent est un joli garçon. Des yeux bleus et des beaux cheveux bruns qui frisent quand il sort, NU, de sous la douche. Mmmm !

Vincent a un scooter. Assis derrière lui, les bras serrés autour de son torse (Re-Mmmm), habillé de mon horrible pull en mohair rose, j’ai traversé Paris. On s’est promis de se revoir ASAP. 

***

Sachant que j’ai rencontré Vincent, avant minuit, le 31 décembre 2005 et que j’ai, « peut-être », couché avec lui après minuit et donc le 1e janvier 2006. Dois-je considérer que 2005 s’est plutôt bien terminée ou que 2006 a très bien commencé ?

***

De retour à mon appartement, ai eu très envie d’appeler Vincent pour savoir si, oui ou non, nous avions eu une relation sexuelle. Ou deux. Ou plus ! Et si ç’avait été bien ! Ou très bien. Voire très, très bien. Non que ce soit important. Mais ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas couché que je me demande si je me suis souvenu de comment on fait. En même temps, ça n’est pas plus dur que le vélo ou le roller.

***

Finalement, ai appelé ma très chère mère pour lui présenter mes vœux de santé, de bonheur, et tout, et tout !

-         Merci, mon chéri et toi aussi, je te souhaite surtout du courage, parce qu’elle ne va pas être facile cette nouvelle année.

Ma mère aurait-elle des dons de voyance ?

-         J’ai lu ton horoscope. Et vraiment, je n’aimerais pas être à ta place.

Merci maman !

-         Que des ennuis au travail, des problèmes d’argent, des catastrophes sentimentales. Pfff, quelle sale année tu vas vivre ! Il va falloir que tu mettes ton égo de côté et que tu acceptes de subir des humiliations.

Dois-je comprendre que je vais avoir des pratiques SM ?

Ca n’est pas exactement ce que j’espérais comme vœux de la part de ma mère :

-         Maman, ce sont des conneries !

-         Que tu dis ! J’ai lu les prévisions de deux astrologues différentes et elles annoncent la même chose pour toi. Désolée, mon chéri, il faut que tu t’y fasses.

Trois conclusions possibles : 1/ Les astro-trucs se sont entendues a propos de leurs pseudo prédictions dans le but de faire croire que si elles disent la même chose alors, c’est que c’est vrai. 2/ Elles se sont mises d’accord tout simplement pour me saper le moral. Ce qui signifie que je suis la victime d’un complot d’une secte esotérique. 3/ Tout ça est absolument vrai et je vais vivre 365 jours de merde.

-         Tu vois tout en noir. Il va y avoir des périodes merveilleuses et d’autres plus cracra.

Ma vie va ressembler à un sandwich anglais. Entre les tranches de pain moelleux, va y avoir des gros paquets de trucs écoeurants.

***

Posté par xavier pichard à 19:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 10 janvier

Marie 1 - 4

Aie ! N’ai envoyé aucune carte de vœux. C’est décidé, cette année, pas d’extravagance. Vais acheter des cartes toutes faites.

Ne vais pas retenter l’expérience de l’année dernière. J’avais décidé de laisser parler mon esprit créatif et de faire mes cartes de vœux moi-même. Avec des patchworks de photos découpées dans des magazines, des coloriages, tout un tas de techniques variées. J’y ai passé une semaine. Très content de moi quand je les ai glissées dans la boite aux lettres.

Ma mère m’a remercié un peu froidement :

-         Ca m’a rappelé ces horribles colliers de nouilles que tu m’offrais pour la fête des mères.

Sinon personne d’autre ne m’a dit quoi que ce soit.

***

C’est peut-être à cause de ces satanées cartes que je n’ai reçu aucun voeu cette année.

***

Posté par xavier pichard à 21:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 11 janvier

Marie 1 - 5

L’année dernière, j’ai fait une liste des bonnes résolutions avec autant d’alinéas que le code civil. N’en ai respectées aucune de ces foutues résolutions. Ca allait de la promesse de ne plus manger de Vache qui rît (totalement intenable quand j’y repense. Suis déjà assez frustré comme ça) à faire des économies ! Moralité : Ai pris trois kilos et suis pauvre de chez pauvre !

Cette année, je vais avoir plus d’argent à dépenser puisque Big chef m’a offert 500 euros d’augmentation pour garder sa femme.

Question : Vais-je être plus compétent pour garder la femme d’un autre qu’un homme à moi ?

***

Liste des bonnes résolutions pour 2006

     1 – Trouver un mari.

       2 – Le garder !

Cependant, vus la conjoncture, les mecs célibataires sur le marché et mon bouton sur le nez, il faut revoir mes prétentions amoureuses à la baisse ! Mais attention, ne suis pas prêt à n’importe quelles concessions. Dois rester exigeant. Pas trop tout de même. Pas envie de finir en vieux garçon qui traîne dans les chorales et les clubs de bridge. Trop peur d’y croiser Martine. Berk !

***

Liste des garçons immariables (à compléter) :

-         Artistes en tous genres (musiciens, comédiens, peintres, sculpteurs,…). Sauf si reconnus, connus et riches (espèces rares parmi les vivants, la plupart des artistes reconnus, connus et riches étant morts !)

-         Bisexuel. Ne tiens pas à me faire larguer à cause d’une miss-gros-nichons ! A propos : mon expérience avec Nathalie fait-elle de moi un bisexuel ? Et le cas échéant, suis-je devenu immariable aux yeux des autres pédés qui pensent comme moi ?

-         Supporteur de foot. Ne me vois pas passer mes week-ends dans un bus à parcourir les routes de France pour aller voir 22 types courir après un ballon (sauf si on m’autorise à entrer dans les vestiaires, maigre consolation cependant). Peu de chances de rencontrer un supporteur de foot gay : espèce rare, je crois. Pourtant David Beckham doit bien avoir des admirateurs gays ! Jean Galfione a bien déclanché une vague d’enthousiasme pour le saut à la perche chez tous les pédés !

-         Star du X… Mmmmmmm, quoique !

-         Un garçon qui n’aime pas La vache qui rit. Il faut que l’on partage tout dans la vie. Et surtout ça !

***

Posté par xavier pichard à 20:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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